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Robert-Frank Jacobi
Date de naissance : 06/10/1945
Dernière mise à jour de la fiche :
le 06/10/2015, à 14h34

Biographie
« Quand on arrive à un certain âge, on revient à ses racines, » affirme Robert-Frank Jacobi. Né le 6 octobre 1945 à Bouxwiller, l’artiste passe son enfance dans le val de Moder, à Pfaffenhoffen. Et c’est non loin de là, à Ingwiller, qu’il fêtera, samedi 10 octobre, ses 70 ans dont près de 45 années consacrées à la chanson.
« Albert Schweitzer m’a prédit que je serais musicien »
C’est à l’âge de sept ans qu’il rencontre Albert Schweitzer. « C’était un jeudi, je n’avais pas école. En tant que catholique, on n’avait pas le droit d’entrer dans une église protestante. » Mais ce jour-là, il a osé en franchir le seuil. « Albert Schweitzer jouait de l’orgue. Il m’a prédit que je serais musicien et que je porterais un message de paix et de fraternité. » S’il achète sa première guitare à 14 ans, Robert-Frank Jacobi met de côté, pour un temps, cette destinée artistique afin de poursuivre des études d’interprète à Munich. « J’ai travaillé durant trois ans en tant que traducteur dans un cercle culturel. Puis j’ai lâché mon costard-cravate pour partir sur la Côte d‘Azur et devenir le troubadour de Saint-Tropez », c’est ainsi qu’on le surnommait. Son rêve, c’est de chanter.
Sa carrière débute, en 1970, au festival de la Rose d’Antibes où il décroche le prix de la Presse avec sa chanson « Les Enfants de la lune ». « J’ai même été l’invité de Danièle Gilbert dans son émission télévisée “Midi trente”. » Par hasard, il rencontre des producteurs allemands, qui lui demandent de venir en Allemagne et de travailler là-bas. À 28 ans, Robert-Frank Jacobi retourne donc à Munich où il dirige un café-théâtre, le « Schwabinger Brett », dans le quartier étudiant. Il enregistre plusieurs 45 tours, mais compose avant tout pour des chanteurs allemands comme Roy Black ou Peter Alexander. « C’était une époque enrichissante durant laquelle j’ai fait la connaissance des grands du métier. »
Mais c’est une autre connaissance, celle de Germain Muller – auteur alsacien, acteur, metteur en scène, homme politique – qui marque un tournant dans sa carrière. « Il m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas en alsacien. Je parlais allemand, alors j’ai réappris l’alsacien. »
Le « troubadour de Saint-Tropez »
En 1990, Robert-Frank Jacobi commence à écrire dans la langue de « son pays », l’alsacien. Et sort son premier album « Fidèle à Brel ». « Les chansons de Jacques Brel donnent une dimension universelle à l’alsacien. Ses chansons contiennent des messages d’une profonde sincérité. » Robert-Frank Jacobi a d’ailleurs rencontré le chanteur belge à deux reprises. « Une fois sur scène, une fois chez notre coiffeur commun, à Paris », sourit-il. « Nous avons échangé quelques mots. Il m’a demandé : “Est-ce que vous me chantez ou est-ce que vous me sentez ? Si vous me sentez, ça risque de faire mal”. Aujourd’hui, quand je chante du Brel, il est vrai que je ressens une certaine douleur. Il y a quelque chose d’humain dans ses chansons qui me touche. »
Marié à une Hollandaise – « je voulais une petite brune, une grande blonde m’est tombée dessus », plaisante-t-il – il s’installe un temps aux Pays-Bas, mais a le mal du pays. Il sort un deuxième album « Heimweh », rassemblant des chansons de Brel, Brassens, Ferrat et Moustaki en alsacien. « Pour interpréter des chansons en alsacien, il faut qu’elles s’y prêtent. Il est important que l’interprétation soit authentique et que l’on reconnaisse l’œuvre originale. »
Dans la foulée, Robert-Frank Jacobi réalise une dizaine d’albums. Le dernier s’intitule « Rot-Wissi Lieder » et arbore sur sa couverture des Alsaciennes au visage peint aux couleurs du drapeau de l’Alsace, rouge et blanc. Un pas de plus dans son engagement pour « son pays », l’Alsace.
« Je chante partout où je peux toucher le cœur de ceux qui aiment notre pays »
Son Alsace, il l’aime et il la chante. Tout en poésie et en finesse, ses chansons aux mots pensés content Saverne («Zawere ») sur un air de musette, la roseraie savernoise («S’Rosebaimel ») sur une musique irlandaise ou Colmar («Colmar du leisch mer am Herze », Colmar tu me tiens à cœur). Il rend également hommage à Adrien Zeller, son « ami », qu’il compare au dernier des Mohicans («D’Letschde Mohicaner »).
Résidant en Allemagne, le chanteur retourne régulièrement sur ses terres natales pour donner des concerts. « Je chante pour des fêtes privées, des associations, je chante dans les églises et partout où je peux toucher le cœur de ceux qui aiment notre pays. » Il sera ainsi, l’été prochain, au festival de musique et de danse Summerlied, auquel il prend part depuis sa création.
Il retourne aussi régulièrement du côté de Woerth. « J’y ai un jardin, au bord de la Sauer. » Là, il se ressource. « Ce lieu m’apporte une certaine quiétude. Quand on est chanteur, il faut profiter du succès tant qu’il est là. Mais enchaîner les concerts, c’est épuisant. C’est aussi un endroit qui m’inspire et où je peux écrire mes chansons. » Dans son jardin, il cultive des fleurs, un petit potager et un carré d’herbes aromatiques. Et puis, il y a aménagé un endroit pour se recueillir et penser à sa fille disparue il y a trois ans.
C’est dans son Alsace natale, du côté d’Ingwiller, que Robert-Frank Jacobi a souhaité fêter ses 70 ans. Quelque chose de simple avec quelques amis d’enfance, des proches qui lui ont toujours été fidèles et sa famille. « J’ai horreur de la vieillesse », lâche-t-il. Avant de citer Brel : « Il faut bien être lorsque l’on a été. […] Quand je s’rai vieux. Je s’rai insupportable ». « J’ai profité de la vie. Mais j’ai toujours lutté, et peut-être encore plus aujourd’hui, pour rester l’enfant que j’étais. Je veux rester le petit Robess de Pfaffenhoffen. »
Véronique Kuhn, DNA - 06.10.2015




Discographie :


Heimatlieb (2017)

en stock

Beschd ùf Jacobi (2015)

en stock

Unseri wurzle (2012)

en stock

D'letschde Mohicaner (2010)

en stock

Üss'm Laewe gegriffe (2006)

en stock

Jeannine es zeit (2002)

en rupture
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